( AFP / MARTIN LELIEVRE )
Après des années de transformation pour répondre à l'effondrement du courrier, La Poste entend "franchir une nouvelle étape" en misant sur ses points forts, le colis, la banque et l'assurance, pour atteindre 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2031, a annoncé mercredi le groupe public.
"On a en sous le pied", a assuré à une poignée de journalistes sa PDG, Marie-Ange Debon, en dévoilant le plan stratégique "Réussir ensemble - Ambitions 2031" présenté la veille à son conseil d'administration.
Détenue à 66% par la Caisse des Dépôts et à 34% par l'Etat, la Poste a réalisé un chiffre d'affaires de 34 milliards d'euros en 2025 (dont l'activité colis a représenté 54%), dans la droite ligne des deux années précédentes, a rappelé Mme Debon, arrivée à sa tête fin 2025.
Pour atteindre cet objectif de 18% de croissance en cinq ans, le groupe public entend "conforter sa position de leader du colis et de la logistique souveraine en France et en Europe, en devenant le numéro 2 européen de la livraison hors domicile" (dans des consignes ou chez des commerçants partenaires), précise-t-il dans un communiqué.
La Poste, actuellement troisième sur ce secteur, derrière le Polonais InPost et l'Allemand DHL, entend notamment passer de 150.000 points de retraits (casiers et commerçants) à 190.000, et passer de 2,7 milliards à 3,6 milliards de colis livrés dans le monde.
Il souhaite aussi renforcer "son modèle de bancassurance en conjuguant" numérique et "proximité humaine", et "en diversifiant les canaux de distribution des produits d'assurance en Europe".
Elle compte en outre investir 10 milliards d'euros pour moderniser ses outils industriels et ses infrastructures numériques.
Le groupe perd chaque année "500 millions d'euros de chiffre d'affaires", selon Mme Debon, du fait de l'effondrement des volumes de courrier, "passés de 18 milliards de plis en 2008 à 5 milliards en 20253", et qui devraient encore chuter à "3 milliards en 2031", selon le communiqué.
Ses missions de service public (service universel postal, distribution de la presse, contribution à l'aménagement du territoire et accessibilité bancaire) sont sous-compensées par l’État.
Dans ce contexte, La Poste doit passer "d'une logique de présence systématique, souvent sous-utilisée, à une logique de service postal utile à la population", selon le communiqué, et "poursuivre la transformation" de son réseau de bureaux en privilégiant la mutualisation et les partenariats avec les services publics et les commerçants.
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